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Notre erreur à propos du PPA 2.

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La seconde version du Plan de Protection de l’Atmosphère n’était pas du tout à la hauteur de la situation. Pour en informer la population, nous en avions épluché les tenants et aboutissants afin de fournir une proposition résumée dans le document « PPA 2 : tout changer pour ne rien changer ».

EP+PPA2A la suite de cela, les autorités ont organisé une consultation publique entre le 10 décembre 2018 et le 14 janvier 2019.

Cette consultation était déjà biaisée par le moment de la consultation : comment réellement impliquer les gens pendant la fin de l’année ? Est-il vraiment crédible de demander à la population d’étudier un document technique pour donner un avis qui demande du temps à un moment de l’année où on en a le moins ?

Par conséquent, ce sont environ 500 personnes qui ont fourni un avis dans l’enquête publique. Sur 150 000 habitants, cela représente 0,2 % de la population ! Force est de constater que cette consultation publique sur un enjeu aussi important que la pollution de l’air n’a pas mobilisé les foules, et qu’elle n’a donc aucune valeur démocratique.

Mais est-ce la population qui se trompe et s’enferme de la passivité ? Oui et non.

Finalement, que pouvions-nous attendre d’une consultation d’un plan qui ne vise même pas le respect des normes de l’OMS ? Quel est l’aspect démocratique lorsque les autorités demandent l’avis sur un dossier déjà verrouillé en amont ? Tant sur le plan de l’agenda que sur les propositions, l’enquête publique est une tentative avortée de démocratie.Capture

De ce point de vue, la population a finalement eu raison de déserter cette consultation. C’est pourquoi nous volons formuler ici une sorte de critique de notre propre activité car nous plaçons les valeurs démocratiques au centre de notre démarche. Si la population ne suit pas, il faut forcément se remettre en cause.

En effet, nous avons voulu intégrer la population à une démarche qui, venue d’en haut, ne pouvait finalement avoir une résonance dans la population. Notre volonté de participer à l’enquête publique avec avis collectif était une erreur.

Elle n’a pas mobilisé foule. Mais en appelant à participer à l’enquête, n’avons nous pas été nous-même un relais d’institutions qui pourtant se moquent de notre sort ?

Les propos du préfet Pierre Lambert ce jeudi 14 février à Passy confirme cette hauteur de vue, dans un mépris à peine masqué pour la base populaire :

«  Ce qui est un peu désolant, alors qu’on a des associations qui sont déclarées statutairement et avec qui nous avons des rapports suivis et de travail en toute indépendance, que certains, en marge, veulent effectivement utiliser les craintes de la population à des fins qu’on ne comprend pas bien. »

CaptureParlant ici de l’incinérateur de Passy et de l’activité du collectif Coll’Air Pur, soyons certain que Monsieur Lambert aurait le même discours à notre égard concernant les émissions industrielles dans le bassin de Cluses.

Mais d’un autre côté, nous sommes lucides. Le « boycott » de l’enquête publique par la population ne s’est pas accompagné pas d’une mobilisation réelle. Or, refuser une consultation publique sans s’engager dans une mobilisation collective ne reflète-t-elle  pas une passivité, un fatalisme ?

Il est donc clair que penser qu’intervenir dans l’enquête publique était une chose constructive et positive fut une erreur. Nous le reconnaissons et maintenons notre initiative de départ qui est celle d’informer et d’agiter la population locale, en indépendance des institutions et de tout conflit d’intérêt.

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