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Funiflaine : une aubaine contre la pollution de l’air ?

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Depuis plus de trente ans, un projet de transport par câble entre Magland et Flaine est dans les cartons. Depuis 2015, ce projet connaît une avancée très sérieuse avec contrat entre l’État et la Région (2015-2020) et la création, en 2017, du syndicat mixte « Funiflaine ». Avec la fin de la consultation publique réalisée entre le 20 janvier et le 8 mars 2019, le projet est sur de bons rails comme on dit…

Au départ de Magland, le téléphérique passerait par le col Pierre Carré pour arriver à Flaine, station dans le Grand Massif à 1500 mètres d’altitude. La communauté de communes Cluses Arve Montagne est partie prenante du syndicat mixte de gestion du Funiflaine, avec un participation de 4 millions d’euros.

indexCe qui nous intéresse alors vivement, c’est de savoir si ce Funiflaine va améliorer sensiblement la qualité de l’air ? Le Funiflaine se présente clairement comme un projet qui répond à deux objectifs majeurs du second Plan de Protection de l’Atmosphère : la réduction des émissions des transports liés à l’activité touristique et la réduction des émissions des transports locaux.

Avec ses « 12 000 véhicules/jour entre Arâches et les Carroz et de 6 000 véhicules/jour entre les Carroz et Flaine (deux sens confondus) » (PPA2), on peut se dire que le Funiflaine va ôter de nombreux véhicules de cette route d’altitude dans une période hivernale où la pollution aux particules fines est la plus forte. De plus, les multiples bouchons occasionnés par le trafic routier touristique (parfois 1h15 pour rejoindre Flaine de Magland !) participent d’une sur-concentration de polluants.

On peut toutefois se demander si l’attractivité du Funiflaine ne va t-il pas augmenter l’afflux de voitures dans le bas de vallée pour rejoindre la garde de départ dans la petite commune très industrielle (avec donc déjà ses émissions de polluants spécifiques). N’y a t-il pas là le risque de déplacer le problème des montagnes vers le bas de vallée, accentuant « l’effet cocktail » (polluants d’origine routière et polluants d’origine industrielle) ?

Mais voilà que Christian Monteuil, président du Conseil Général de Haute-Savoie et du syndicat mixte, enfonce le clou du scepticisme en affirmant :

« Cette montagne qui sera desservit par cet équipement, peut-être pour l’approvisionnement, on ne sait jamais. Pour éviter que les poids-lourds, les gros véhicules montent en station. Je suis pas sûr que cela soit très efficace mais on essayera de l’étudier »

Si ce projet est pensé pour entretenir les profits économiques du grand Massif, nous pouvions nous dire que cela peut tout de même améliorer la qualité de l’air. Mais sans aucune certitude de voir réduit le trafic de camions vers la station d’altitude, à quoi bon soutenir un tel projet ? Est-ce là répondre clairement aux besoins des populations locales ?p10-pollutionQualiteAir-ph1

Les autorités locales sont toujours plus inféodées aux intérêts de l’industrie touristique, quand bien même le réchauffement climatique prévoit une baisse de la quantité de neige dans les prochaines décennies.

Il n’y a pas de vision de long terme, et finalement peu de prise en compte des besoins prioritaires de la population locale. Les 4 millions d’euros du Funiflaine ne devraient-ils pas plutôt être investis dans une meilleure adaptation du réseau Arv’i aux trajets du quotidien, avec plus de bus et plus d’horaires à disposition ?

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